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 Parchemin : l enluminure hirtoire et technique

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ladamedecaro
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MessageSujet: Parchemin : l enluminure hirtoire et technique   Dim 3 Sep - 7:29

L' enluminure sur parchemin véritable est un art qui se pratiquait dans les livres au moyen-âge. On utilisait des pigments naturels, de l'or en feuilles, de l'encre faite avec des galles de chêne.



HISTOIRE DE L'ENLUMINURE

Du papyrus au parchemin

La feuille de papyrus se fabrique en superposant des couches de fibres du roseau Cyperus papyrus. Ses feuilles sont séchées et polies afin d'offrir une surface propre à l'écriture. Face au monopole égyptien, ce roseau pousse essentiellement dans les marais du Nil, un autre support d'écriture est inventé et trouve ses heures de gloire au Moyen Age : le parchemin.

Il s'agit d'une peau de vache, de mouton ou de chèvre tannée, grattée, poncée et blanchie à la craie. Bien qu'onéreux, le parchemin présente l'immense avantage de pouvoir être fabriqué partout ! Sa diffusion puis sa généralisation au cours du Moyen Age conduit à une conception révolutionnaire de la mise en page du texte ainsi qu'au développement d'un nouvel art décoratif : l'enluminure.



Du rouleau au manuscrit

De nombreux procédés sont mis au point pour réaliser des textes longs depuis l'histoire de l'écriture : codification des tablettes d'argile pour en comprendre la succession, liens reliant des planchettes de bois, assemblage de feuilles de papyrus formant le rouleau qui reste longtemps la forme la plus répandue.

Le parchemin s'enroule aussi à ses débuts. Plus mince, plus souple et résistant que le papyrus, il provoque l'émergence d'une nouvelle organisation : le codex, ancêtre du livre actuel. D'abord marginal, il se trouve en situation de monopole dès le V° siècle après J.C.
Maintenant les feuilles sont pliées, assemblées en cahiers reliés à leur tour ; l'écriture devient possible sur les deux faces (deux fois plus qu'un rouleau de papyrus !) ; la manipulation est plus aisée ; le stockage de texte est plus dense (parfois plusieurs centaines de pages, difficile pour un rouleau).
Parce qu'elle est en parchemin, la feuille peut recevoir plusieurs couches de peinture et de feuilles d'or : l'essor de l'enluminure s'en trouve donc indissociable. Le décor orne alors tous les types de livres médiévaux de plus en plus variés et nombreux.



Une variété de livres

Le Moyen Age est une période de dévotion ainsi la majeure partie des livres de cette époque sont d'inspiration liturgique. En parallèle, on voit se développer la multiplication des livres profanes littéraires ou d'études : romans de chevalerie, copies de textes antiques, livres d'études liés au commandes des nobles et des besoins universitaires...En voici quelques exemples :

La Bible : l'un des ouvrages les plus volumineux par son nombre de pages et sa taille. On la lit souvent à voix haute dans les monastères.

Les psautiers : ce sont des livres liturgiques contenant les psaumes pour la célébration des offices. On y trouve parfois un calendrier des activités des 12 mois de l'année, les signes du zodiaque, la liste des saints. Ils peuvent servir à l'apprentissage de lecture : on dit que Louis IX apprit à lire avec le psautier de Saint-Louis.

Les livres d'heures : ce sont des recueils de prières à l'usage des laïcs, fondées sur les 8 heures canoniques. Ouvrages de petit format, faciles à transporter, ils sont richement illustrés par les artistes les plus réputés. Leur luxe en font les privilèges des princes et des nobles.

Les apocalypses : livre rapportant les visions de l'apôtre Saint-Jean sur la fin du monde.

Les graduels et les antiphonaires : ce sont les livres de chants utilisés pendant les offices. Ils sont souvent de grands volumes pour être lus par le choeur.



Les vies des saints : on y découvre les miracles et les martyrs. Les saints sont représentés avec leurs attributs et sont l'objet d'une profonde vénération.

Les histoires et chroniques : les nobles aspirent à rattacher leur lignage à des événements héroïques où histoires réelle et imaginaire sont merveilleusement mêlées.

Les textes de l'Antiquité : nombre d'auteurs antiques ont été copiés et illustrés, cette mode atteindra son apogée à la Renaissance : Ovide, Horace, Virgile sont autant lus par les profanes que par les religieux.

Les bestiaires : ils contiennent des descriptions et des histoires d'animaux ou de créatures fabuleuses : satyre, licorne, dragon sont fréquents. Ces livres sont souvent imprégnés d'une forte morale chrétienne.

Les herbiers : livres de sciences et de médecine à l'usage des praticiens. Les plus tardifs présenteront des conseils de plantations, de cueillette ou même de la vie quotidienne.

Les romans et la littérature : l'histoire du Roi Arthur, les Chevaliers de la Table Ronde...on a plaisir à les entendre à voix haute. Une iconographie riche permet de suivre l'intrigue pour celui qui ne sait pas lire. Ce sont les textes laïcs les plus populaires.

Les livres d'études : peu ornés, au format réduit, ils abordent la théologie, la grammaire, l'astronomie...et sont destinés aux étudiants. Leur véritable essor est lié au développement des universités dès le XII° siècle.



Enlumineurs et mécènes

La plupart des livres du Moyen Age sont des reproductions de textes anciens et religieux, réalisés dans les monastères où les copistes travaillent parfois sous la dictée.
Avec le développement du mécénat des princes et de riches marchands, une véritable corporation d'enlumineurs très prisés voit le jour. Les ateliers laïcs se multiplient dès le XII° siècle pour face à la demande croissante. Les livres deviennent plus riches, plus ornés : lettrines historiées, miniatures, bas de pages, encadrements fleuris sont abondamment rehaussés d'or ou d'argent sous l'influence religieuse byzantine.

En réalité l'artiste a peu de liberté, il est soumis :
- à la mise en page déjà organisée (des espaces précis lui sont réservés),
- aux exigences du commanditaire,
- aux nombreuses conventions représentatives (saints représentés avec leur attribut, stylisation décorative...).
Il est rétribué selon l'importance et la complexité des enluminures ; il peut gagner des primes sur les bordures ou les lettres historiées. La copie d'un livre de 400 pages demande six mois de travail à un copiste rapide, l'enlumineur travaille après si bien qu'un manuscrit s'achève parfois en plusieurs années.
Le livre est donc rare et cher. Il représente un précieux objet de puissance.
Quelques grands mécènes ont marqué leur temps : Charles V, Jean de Berry, les Ducs de Bourgogne, les Médicis, Visconti, Sforza ; tous ont permis la réalisation de manuscrits d'une extrême richesse.



Les éléments décoratifs

Ils ont plusieurs fonctions :
- une connotation religieuse. Dans les premiers temps, l'enluminure est faite à la gloire de Dieu, où l'or en reflète davantage la lumière,
- un repère visuel qui permet de comprendre rapidement le contenu du livre surtout quand on ne sait pas lire,
- un signe de richesse, le livre enluminé est apprécié comme oeuvre d'art.

Les éléments décoratifs sont variables :
- la miniature est finalement l'élément décoratif le plus grand, parfois inséré dans le corps de texte, en pleine page ou en début de texte,
- la lettrine historiée quand elle renferme un récit familier, ornée quand elle est simplement décorative, zoomorphique quand elle illustre un animal ou une créature fantastique,
- les bordures deviennent parfois de véritables cadres.

L'or abonde jusqu'à la moitié du XIV° siècle en raison de l'influence byzantine, plus tard le style devient plus réaliste, les couleurs prennent le dessus.

Bibliothèque de Vovray
source : http://www.enluminure.com/histoire.htm

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MessageSujet: Re: Parchemin : l enluminure hirtoire et technique   Dim 3 Sep - 7:31

TECHNIQUE DE L'ENLUMINURE

L'or

Inaltérable, il est le matériau par excellence de l'enluminure. Il se présente en poudre ou en feuille. Cette dernière délicate de manipulation à cause de son extrême finesse, ne souffre pas le moindre courant d'air. L'or est appliqué sur un mordant qui assure l'adhérence :
- pour l'or en poudre, un mordant à la gomme arabique est directement mélangé à la poudre,
- pour l'or en feuille, un mordant soit à l'oeuf soit aux cristaux d'ammoniac soit un gesso à base de plâtre éteint si l'on désire du relief sous la feuille.
Selon la technique adoptée, les enlumineurs brunissent à l'aide d'une pierre d'agate pour renforcer l'éclat.
L'or est abondamment utilisé jusqu'au début du XIV° siècle sous l'influence religieuse puis avec davantage de parcimonie lorsque les scènes deviendront plus réalistes.



Les pigments

Orpiment, murex, azurite, cochenille, porphyre, curcuma...broyés, en décoction, mêlés à l'eau de gomme d'arabique ou à la colle de peau de poisson. Tout cela semble sortir d'un livre d'alchimie. Le commerce des pigments florissant dès l'Antiquité contribue à la variété des couleurs présentes sur les manuscrits.

Toutes les couleurs ont une origine soit végétale, soit minérale soit animale :
- les rouges, cramoisi ou vermillon, sont obtenus à partir d'oxyde de plomb, de cinabre, de kermès rouge, de murex...
- les bleus offrent de nombreuses nuances selon l'origine ; le lapis-lazuli, pierre semi-précieuse provenant d'Asie centrale, est le plus apprécié mais aussi le plus cher d'entre tous ; ce bleu outremer est d'un éclat particulièrement profond ; du fait de sa rareté, on le réserve aux éléments les plus importants comme la robe de la Vierge.
- les jaunes proviennent du safran, de la sève de chélidoine, de l'orpiment.
- les verts sont extraits de la malachite, du vert-de-gris, de l'argile verte...
- le blanc vient de la céruse, très toxique et fabriquée à partir du plomb.

Pour être utilisables en tant que couleurs, les matières premières sont sujettes à une longue préparation : réduites en poudre très fine à l'aide de mortier et de pilon puis filtrées au travers d'un tissu, elles peuvent enfin être mêlées à un liant pour obtenir les diverses peintures.



Liants et application

Après préparation, les pigments sont associés à un liant qui en assure l'adhérence sur la feuille. Au Moyen Age, les manuscrits sont peints à l'eau de gomme arabique ou à la colle de peau de poisson ou à la détrempe à l'oeuf. Dans cette dernière technique, l'oeuf dilué à l'eau sert de liant au pigment pur, broyé très finement.

Le mélange se fait au dernier moment car la détrempe sèche rapidement. On l'applique en couches successives sans épaisseur jusqu'à l'obtention de l'intensité désirée. On travaille ton sur ton, les pigments ne sont pas mélangés ensemble pour éviter des réactions indésirables. On attend que la couche sèche pour appliquer la seconde afin que la feuille retrouve son pouvoir absorbant. Cela nous permet sans doute d'admirer aujourd'hui des nuances d'une incroyable variété et fraîcheur.

Selon la place de l'or dans l'enluminure, celui-ci est placé en premier ou en final. Il est souvent cerné d'encre noire donnant ainsi un contour bien défini.



Les supports

Il existe des enluminures sur rouleaux de papyrus mais peu nombreuses et placées souvent en début de rouleau. Le papyrus manque de résistance et ne supporte pas plusieurs couches de peinture. Il se dégrade à l'humidité. De plus, l'Egypte en détient le monopole du fait que ce roseau "papyrus" pousse exclusivement sur les rives du Nil.

La mise au point progressive du parchemin, peau de bête apprêtée, va contribuer au développement du livre et donc de l'enluminure. En effet, veaux, moutons, chèvres desquels on tire cette nouvelle feuille, sont présents dans tous les pays. Il n'y a plus de monopole ce qui n'empêche pas la cherté du produit.

Le parchemin demande une longue préparation. La peau est tannée, lavée, plongée dans la chaux pour la ramollir et éviter sa décomposition, rincée, grattée, tendue sur cadre et encore grattée pour éliminer toutes les graisses et frottée à la pierre ponce pour le rendre mince et propre à l'écriture.
Un beau parchemin provient d'un animal jeune à la peau fine : le grain est plus fin et l'on s'assure d'une peau "maigre". La présence de graisse empêche l'adhérence des encres et des peintures.
Le vélin est le plus prestigieux des parchemins ; il est issu d'animaux morts-nés, veau ou agneau, ce qui le rend très fin et très blanc.

Le papier existe déjà au II° siècle en Chine, fabriqué à partir de fibres végétales mises en pâte avec de l'eau puis séchées. Il arrive en Occident vers le XI° siècle mais se trouve réservé aux ouvrages les moins luxueux. Peu à peu les moulins à papier vont se multiplier, améliorer les techniques de préparation si bien qu'il commence à concurrencer le parchemin à la fin du XV° siècle.

Bibliothèque de Vovray
source = http://www.enluminure.com/technique.htm

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