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 Parchemin sur La Lyrique Profane

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ladamedecaro
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MessageSujet: Parchemin sur La Lyrique Profane   Ven 1 Sep - 21:02

"La chanson est le plus noble des poèmes, et sa figure est ainsi plus noble que toute autre"



La lyrique profane désigne une poésie mise en musique, dont le sujet est non religieux et composé en langue vernaculaire (et non en latin). L'appartion de cet art nouveau correspond à l'essor d'une culture aristocratique qui s'est formée dans le milieu des cours féodales du sud de la France, en Occitanie, pays de langue d'oc (sud de la France actuelle)


Cette culture, dite courtoise, témoigne d'un raffinement des moeurs au sein d'une élite cultivée.


Enluminure extraite du codex Manesse

Essentiellement, l'art des troubadours et des trouvères est l'expression musicale de l'amour courtois ou fin'amor, soit un amour élevé et idéalisé, bien différent des comportements jugés vulgaires des gens du commun. Le répertoire des trouvères et des troubadours est donc en grande partie constitué par des chants de louanges à la dame "courtisée". Art élitiste, la lyrique courtoise témoigne des valeurs féodales, dont l'idéal chevaleresque représente une version sublimée.

Le fin'amor (amour épuré, parfait) implique des rapports de soumission de nature féodale de la part de l'amant à l'égard de sa Dame : il lui prête hommage, lui jure fidélité et obéissance jusqu'à la mort, l'adule, se soumet à tous ses caprices et implore sa pitié.


La Dame est objet d'adoration et l'amoureux se complaît dans une espèce d'extase mystique en pensant à elle, ce qui constitue toute la joie de l'amant. "...Le fin'amor est une sorte de mystique profane parallèle à l'amour sacré, suggérant à l'amant des attitudes mentales à l'image des attitudes religieuses" (1).

Ces deux idées suggèrent que la Dame est un personnage lointain et inaccessible, généralement d'un niveau social supérieur au "soupirant". Il s'agit souvent de la femme du seigneur, donc d'une femme mariée, ce pourquoi l'Église condamne en général l'expression de ce fin'amor puisqu'adultère. Ainsi, on peut déduire que l'amour courtois est avant tout l'exaltation du désir, quête idéalisée d'un amour sublimé et jamais assouvi (comme la quête du Graal ?) Ces amours n'étaient sans doute pas toujours platoniques. Bernard de Ventadour (1130-1195), dit-on, dû s'exiler à la cour d'Aliénore d'Aquitaine pour fuir la colère d'un maître jaloux...



L'art des troubadours et des trouvères
L'art lyrique courtois est porté par des poètes-musiciens qu'on appelle troubadours (en pays d'oc) et trouvères (en pays d'oïl), de tropare, (voir étymologie) qui veut dire inventer, faire des tropes (à l'origine, pièces composées pour enrichir la liturgie).[Voir carte]. L'art de composer des tropes était très florissant en Aquitaine où rayonnait depuis le IXe siècle, l'abbaye de St-Martial-de-Limoges. Les trobadores sont imprégnés de la culture musicale grégorienne. Ils appliquent au répertoire profane les règles de la musique modale et composent leurs textes sur le modèle du "versus" (composition versifiée en latin à caractère religieux inspirée du trope).

Il nous reste 11 pièces du premier des troubadours connus, Guillaume IX (1071-1127) comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, lequel mena une vie tumultueuse et libertine qui l'a mené sur les routes de Compostelle (pour y faire un pèlerinage expiatoire), dans cette Espagne de culture arabo-andalouse qui aura une grande influence sur la culture occidentale, notamment en musique, par exemple en introduisant en Europe des instruments de musique tels le oud, ancêtre du luth, ou le rebab qui donnera le rebec et la vièle.


Par la suite cet art se généralise au cours des deux siècles suivants : on connaît environ l'identité de 460 troubadours (incluant une quarantaine de trobairitz, telle la comtesse de Die ). La plupart, mais pas exclusivement, sont issus de la noblesse (moyenne et petite). Certains sont issus de milieux modestes (Bernard de Ventadour ou Guiraut de Borneil, surnommé le maître des troubadours). Ils sont au service des princes et des grands seigneurs dont ils sollicitent faveurs et protection.

La croisade albigeoise (1209-1229) mettra abruptement un terme à la civilisation occitane et donc à son expression artistique. Les troubadours trouveront refuge en Italie, en Espagne et au Portugal favorisant ainsi la diffusion de la lyrique courtoise dans ces pays. De même, une école allemande de "chanteurs d'amour" ou Minnesänger se développera sur le modèle de l'art du fin'amor.

Vers la fin du XIIe siècle (~1180), cet art de cour apparaît au nord de la France, dans les pays d'oïl, sans doute grâce au mécénat d'Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), petite-fille de Guillaume IX.

Aliénor sera successivement l'épouse du roi de France, Louis VII (1137), puis du roi d'Angleterre, Henri II (1152). Elle apporte avec elle la culture occitane et contribue au raffinement des cours française et anglaise. Ses filles, Marie de Champagne (à la cour de Troyes) et Aléïs de Blois seront, comme elle, protectrices de la culture et des arts.


En général, l'art des trouvères s'exprimera dans des genres variés et dont les formes sont plus libres et plus simples. Sans doute faut-il y voir l'influence de la culture bourgeoise qui se développe en lien avec l'essor urbain dans le Nord de la France

À côté des troubadours on note la présence de chanteurs-musiciens qui se spécialisent dans l'interprétation du répertoire lyrique, ce sont les jongleurs, du lat. "joculare", plaisanter, badiner. Sorte de saltimbanques, ils se promènent dans les cours et les châteaux pour offrir leurs services d'amuseurs en tous genres, contribuant ainsi à diffuser la chanson courtoise.



Au XIIIe siècle, dans le Nord de la France apparaît le ménestrel, du lat. "ministerialis", celui qui est chargé d'un "ministerium", d'un service ou d'un office dans la maison d'un seigneur, qu'il soit laïc ou ecclésiastique. Les ménestrels (on dit aussi ménétriers ou ménestriers) s'occupent des divertissements et des fêtes qui sont toujours accompagnés de musique.

Au début du XIVe siècle, les ménestrels vont fonder des confréries ou corporations pour défendre et réglementer leur métier. Ainsi, dès 1200 était constituée une confrérie des jongleurs et des bourgeois d'Arras connue sous le nom de Charité de Notre-Dame des Ardents. Les ménestrels de Paris rédigent les statuts de leur corporation en 1321 (on note la signature de 8 femmes).


Les ménestrels organisent des "écoles" annuelles dans certaines villes (ex. Beauvais, Cambrai, Paris, Lyon...). Ces sessions se déroulent durant la période du Carême (les fêtes et divertissements sont suspendus pendant cette période). Ces rencontres entre gens du métier permettaient de renouveler le répertoire, d'apprendre de nouvelles techniques, d'acheter des instruments, etc.
Avec Adam de la Halle (~1240-1285), l'art des trouvères atteint son apogée. Au service de grands seigneurs laïcs, c'est pour eux qu'il crée des divertissements originaux, des jeux, dont les plus célèbres sont le Jeu de Robin et Marion (voir le manuscrit) et le Jeu de la Feuillée. Ce théâtre lyrique profane, chanté et parlé, est l'ancêtre lointain de nos comédies musicales modernes.

En dernier lieu, il convient de mentionner l'exitence de poètes musiciens itinérants qu'on appelle les goliards. Il s'agit de clercs (étudiants) ou de moines vaguants qui vivent en marge des institutions pour lesquelles ils ont été formées. Initiés à la culture savante, ils constestent l'ordre établi et tournent en dérision les valeurs dominantes dans leurs compositions satiriques et parodiques. Ils mènent une existence dissolue, célébrant le bon vin, la bonne chère, l'oisiveté et l'érotisme.

Le répertoire des goliards est connu grâce à un manuscrit célèbre conservé jusqu'en 1803 dans un monastère bavarois, le Benediktbeuren, d'où son nom de Carmina Burana (chants de Beuren). Il s'agit d'une compilation de quelque 200 textes, chants et autres compositions réalisée vers le début du XIIIe siècle. On y retrouve des pièces provenant de toute l'Europe (France, Angleterre, Catalogne, Castille, Occitanie...) écrite surtout en latin (langue internationale des clercs), mais quelques unes en vieil allemand et ancien français, qui datent du XIe au XIIIe siècle. Les gracieux chants d'amour et de printemps y côtoient les chansons à boire, les satires anticléricales et irrévérencieuses.


Bibliothèque de Vovray

source http://www.collegeahuntsic.qc.ca/Pagesdept/Hist_geo/Atelier/Parcours/Muse/medieval3.html

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Avec son Géant au pays des fantômes

BOUHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
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